Circulation : le contournement de Bordeaux autrement
Le contournement de Bordeaux est enterré mais l'idée d'un délestage par barreaux à l'est de l'agglomération refait surface
Article à retrouver sur le site du journal :
Grand Contournement de Bordeaux : s'informer et agir contre le projet de contournement autoroutier de Bordeaux.
Circulation en Gironde : Suite et fin de notre enquête : [...] Comment sortir du piège automobile sur la rocade ? À dessein, nous n'avons pas proposé la formule, un peu taboue depuis son abandon, de « grand contournement autoroutier de Bordeaux ». Nous avons plutôt suggéré aux habitants de la Communauté urbaine de se prononcer sur l'idée d'une « super-rocade » parallèle à l'actuelle. La réponse est nette. Seulement 22 % d'entre vous sont pour. Plus on descend dans les tranches d'âge, moins l'idée de créer une nouvelle autoroute pour juguler la thrombose est plébiscitée (11 % des 18-24 ans, contre 36 % des 65 ans et plus). Ce sondage confirme le basculement des mentalités du côté des arguments de la grande famille écolo, dont Alain Juppé a été le chantre à l'UMP. Plus on crée d'autoroutes, plus on encourage la circulation automobile, l'étalement urbain et la pollution. Dont acte. Stop aux nouvelles voies rapides !
[...] Pour sortir des difficultés quotidiennes, vous proposez massivement une solution beaucoup plus « douce » et réalisable à court terme que la création d'une nouvelle autoroute : la mise à deux fois trois voies, le plus vite possible, de la rocade existante. Vous êtes 60 % à préconiser cette solution. Mais seulement 16 % à dire oui, en attendant, à une solution alternative telles que l'utilisation de la bande d'arrêt d'urgence. Pourtant, au train où vont les choses, c'est cette « troisième voie », celle d'alternative comme une voie pour le covoiturage, qui se dessine nettement.
Car les décideurs ont pris du retard pour arrêter cette mise à trois fois trois voies de la rocade, tout occupés qu'ils étaient de leur « grand contournement ». Car la rocade est dans un trou d'air politique, entre compétence de l'État et celles des collectivités territoriales. Il est temps qu'ils se réveillent. [...]
- un CGAB ne désengorgera PAS la rocade car les problèmes proviennent exclusivement du trafic interurbain (=Direction Générale de l'Equipement qui a mené les études d'impact)
- un CGAB jouera comme un "aspirateur à camions" : plus d'infrastructures = plus de trafic = fuite en avant sans fin. Pourtant, les camions concernés ne représentent aujourd'hui qu'une très faible part du trafic local (moins de 5%) : Pousser à leur croissance créerai des problèmes qui n'existent pas aujourd'hui !
- un GCAB aggravera les émissions polluantes en augmentant le trafic nord-sud PL et sans résoudre l'engorgement VL ... dont la quantité ne cesse de croître
- un CGAB est un projet hors de prix (en millards d'euros) dont la rentabilité est vouée à l'échec => qui va payer ? qui assumera la responsabilité de l'échec financier ? ... les collectivités traversées bien sûr, donc la fiscalité locale déjà croissante !
- un CGAB contribuera au bétonnage de l'environnement et nécessitera des matériaux sans commune mesure avec les ressources disponibles : il faudra importer (par camion bien sûr) des millions de tonnes de granulat, dont le prix va naturellement exploser ... pour tout le monde ... et pour rien !
- il détruira des zones humides essentielles à l'absorption des eaux (pluies et fleuve) au mépris des risques innondation !
- etc !
Et, pour finir, un dernier "argument" récemment invoqué (comme pour justifier l'inutile) au sujet de la crise et l'emploi mérite d'être contredit : il faut bien retenir qu'apporter de l'activité aux acteurs des travaux publics est certes louable en tant de crise, mais seul l'intérêt réel doit guider l'action, pas le chiffre d’affaires additionnel ...
Une thématique bien française n'est-il pas ?

Le journaliste l'interpelle alors sur le médoc et ses habitants : "c'est l'intérêt général qui prime !". Certes, mais encore faut-il qu'il y ait un intérêt tout court !