30 mai 2008

LA DECISION DE L'APPEL REPORTEE AU 25 JUIN.

L'audience de la cour administrative d'appel fixée initialement au 12 juin est reportée au mercredi 25 juin à 16h. (même lieu, cours de Verdun).

Faites passer l'information autour de vous svp !

22 mai 2008

L'AVENIR DU PROJET SE JOUE LE 12 JUIN !

Le jeudi 12 juin au matin, la Cour Administrative d'Appel de Bordeaux va statuer sur le recours du Ministère Public au sujet de la procédure de Débat Public entourant le projet du CAB !
L'audience est publique et aura lieu à 9h00 au 17, Cours de Verdun.

Personne n'imagine une défaite des associations et collectifs anti-contournement, mais tant que la décision n'est pas rendue ... ce qui ouvre la porte à de nombreuses actions devant le Conseil d'Etat, ce qui entretiendrait encore le suspense ... tout en rallongeant encore les délais !
Cependant, on y croit fort et, l'audience étant publique, les anti-contournement sont cordialement invités à assister à l'audience et - dans le cas d'une victoire - fêter l'enterrement définitif du projet !
Pour ma part, étant en déplacement professionnel, je ne pourrai à mon très grand regret être à cette matinée que l'on espère tous mémorable. Vous me raconterez !

Pour ceux qui n'ont pas tout suivi depuis le début, vous pouvez relire l'article du blog de mars 2007 (déjà ...) et surtout celui relatif à l'appel des services de l'Etat.

09 mai 2008

Alain Rousset : Enfin du bon sens !

Comme quoi Alain Rousset est réellement quelqu'un de pragmatique (un vrai politique diront certains ...) puisque, sous la pression des anti-contournement et suite aux récents revirements sur la question de l'avenir du projet, le président de Région vient d'évoquer la réalisation d'un Parc Naturel en Médoc en lieu et place du contournement autoroutier !!!
Impensable il n'y a encore que quelques semaines (souvenez-vous les appels du pieds de Rousset aux chefs d'entreprises réclammant un CAB), ce retournement complet de position a eu lieu le 5/05 dans le cadre de la Foire Internationale de Bordeaux durant la présentation des "journées aquitaine nature" qui se dérouleront fin Mai . Quel ironie ! c'est justement lors de l'inauguration de cette même foire que la première grande manifestation anti-contournement a eu lieu ... deux ans plus tôt ! Si nous avions été entendus alors, on aurait gagné du temps !! (pour les nostalgiques, relire un article sur la manif du 20/06/06)
M. Rousset propose donc de créer un quatrième Parc Naturel Régional au niveau du Médoc mais aussi du Blayais englobant tout l'Estuaire de la gironde (voir la carte des Parcs existants), projet devant porter une dynamique économique via l'écotourisme tout en n'interdisant pas "le maintient et le développement d'activités économiques" (référence, je pense, aux zones industrielles géantes en gestation entre Avensan et Arsac) et cela étant d'autant plus important -et je cite Alain rousset, repris dans SO du 6/05- "à partir du moment où la population ne veut pas du grand contournement et opte pour la préservation du cadre de vie" !
On croit rêver. Ce que nous réclammions a donc enfin été entendu (abandon du projet, développement des énormes atouts écovinotouristiques du Médoc et de l'Estuaire, préservation des espaces naturels exceptionnels de la zone estuarienne notamment) et, si ce projet est réellement porté jusqu'à son terme, nous pourrons applaudir des deux mains le Conseil Régional. Ce projet de Parc Naturel ne devrait cependant voir le jour que d'ici trois ans au moins.
Pour information, les Journées Aquitaine Nature se dérouleront du 24 au 28 Mai (en savoir plus) sur les différents sites protégées de la Région. Si vous y allez, n'hésitez pas à poser des questions !

13 avril 2008

La CUB souhaite l'abandon du CAB !

Dans le cadre d'un accord gauche-droite sur la gestion du la Communauté Urbaine de Bordeaux, V. Feltesse et A. Juppé ont scellé ce vendredi l'avenir de pas mal de dossiers concernant l'aggomération. Conformément à son programme de campagne (ont le lui avait rappelé il y a peu !), le Maire de Bordeaux a donc demandé que la CUB abandonne le contournement autoroutier au profit du ferroviaire. C'est donc chose faite et la CUB devient la première institution à demander officiellement l'abandon du projet ! Ca nous change !

Bien sûr, on peut voir le verre à moitié vide ou moitié plein, c'est selon. Pour ma part, je pense que c'est une excellente nouvelle ... même si j'aurai préféré que ce soit le Préfet qui adopte cette position ! Cependant, cette déclaration va mettre la pression sur les deux gros soutiens politiques du projet, à savoir MM Madrelle ou Rousset. En effet, ils auront de plus en plus de mal à défendre le CAB comme solution aux problèmes des bordelais ... contre la position de l'institution qui les représente. En plus d'avoir étudié les questions d'émission de GES, la CUB a dû enfin les conclusions de la DRE arguant de l'inutilité du projet pour décongestionner la rocade. Ne boudons pas notre plaisir et voyons le verre à moitié plein.

Une autre théorie sur ce "revirement" (V Feltesse avait déjà lâché le projet, et ce bien plus clairement que ses amis politiques) peut cependant être avancée : l'abandon du CAB serait une monnaie d'échange contre un soutien unanime à la réalisation de l'A65, la lettre commune des tous les élus et grands élus d'Aquitaine en témoignerait.
Vu les problèmes concernant cette autoroute, ils se peut qu'au final il n'y ait ni l'un, ni l'autre ! Mais là, c'est plutôt le verre plein à raz bord !

Le texte de la CUB : la CUB réaffirme son souci et sa vigilance pour que le trafic de transit de marchandises soit réorienté afin de ne pas devenir une nuisance insupportable pour les habitants. C’est pour faciliter ce transfert modal qu’elle demande que l’étude du grand contournement ferroviaire soit réalisée dans le cadre des projets du Grenelle de l’Environnement, que le projet de grand contournement routier soit abandonné et que l’exploitation de la rocade privilégie le covoiturage et les transports collectifs.

07 avril 2008

Les élus d'Aquitaine se mobilisent pour l'A65.

A l'initiative d'Alain Rousset, la quasi-totalité des élus qui comptent dans la Région ont cosigné une communication à l'intention du Premier Ministre et du Ministre du MEEDDAT afin que les travaux de construction de l'A65 Langon-Pau puissent démarrer dans les plus brefs délais.

Prenant soin de demander que les recommandations du CNPN (article précédent) soient prises en compte par des mesure compensatoires, ils réaffirment l'urgence de réaliser cette autoroute arguant très légitimement de "redoutables problèmes de sécurité" et d'"inacceptables pertes humaines" (qui peut être contre ?!) tout en insistant sur le manque d'infrastructures (CAB en embuscade ?) ... et le risque pour l'Etat de demande d'indemnités de la part du concessionnaire (le coup de portefeuille marche toujours !).
S'apuyant sur la Déclaration d'Utilité Publique, ils ne remettent pas en cause le bien-fondé du projet "pris en concertation avec les riverains et acteurs locaux" (on connaît la musique !!).

L'argument écologique (si, si !) est également très présent : "[l'A65] permet de ne pas transformer l'axe A65/RN134 en corridor international de fret routier. Alors que l'aménagement sur place d'une 2x2 voies gratuite aurait créé un formidable aspirateur à camions - dont l'Aquitaine subit déjà les nuisances tout au long de la nationale 10, l'instauration d'un péage sur la future A65 s'inscrit dans nos objectifs de développement durable" (Les anti-contournement reconnaîtront au passage l'appropriation du terme d'"aspirateur à camion" par M Rousset, ce qui ne manque pas de piquant !). Au final, ce projet aurait une vocation quasi-écologique ! Et M Rousset et ses cosignataires de conclure "nous sommes très sensibles aux impacts du projet sur l'équilibre de la faune et de la flore. Nous serons donc tout particulièrement vigilants à ce que les mesures compensatoires proposées par le concessionnaire soient non seulement améliorées, mais apportent des réponses exemplaires aux enjeux environnementaux."

Comment réellement croire en la volonté d'un changement de modèle post-grenelle de l'environnement ? Où est le "changement de vision" prôné par Alain Juppé dans cette communication ?! (voir article précédent). Où sont les élus Verts et réagiront-ils vraiment à cette initiative ?

Vous l'avez compris, nous entrons dans la phase post-électorale des grands projets d'infrastructures, et le contournement autoroutier de bordeaux ne fera pas exception. Son retour se fera sur les mêmes thèmes : sécurité des personnes, mesures compensatoires, déficit d'infrastructures, ... sans oublier l'effet miraculeux du projet sur la congestion de la rocade ! Iront-ils jusqu'à avancer que le CAB luttera contre les "aspirateurs à camions" ...

En tout cas, soyez prêts à repartir en campagne à la première évocation du CAB par nos élus et grands élus !

L'intégralité de la communication.
Les cosignataires : Alain ROUSSET, Président du Conseil régional d’Aquitaine, Député de la Gironde Philippe MADRELLE, Président du Conseil général de la Gironde, Sénateur de la Gironde Henri EMMANUELLI, Président du Conseil général des Landes, Député des Landes Jean CASTAINGS, Président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques Jean-Pierre JULLIAN, Président de la Communauté d'Agglomération du Marsan Alain JUPPE, Maire de Bordeaux Charles VERITE, Maire de Langon Gabriel BELLOCQ, Maire de Dax Geneviève DARRIEUSSECQ, Maire de Mont-de-Marsan Martine LIGNIERES-CASSOU, Maire de Pau, Députée des Pyrénées-Atlantiques Bernard DUSSAUT, Sénateur de la Gironde Michèle DELAUNAY, Députée de la Gironde Marie-Hélène DES ESGAULX, Députée de la Gironde Martine FAURE, Députée de la Gironde Jean-Louis CARRERE, Premier Vice-Président du Conseil régional d’Aquitaine, Sénateur des Landes Philippe LABEYRIE, Sénateur des Landes Alain VIDALIES, Député des Landes Jean-Pierre DUFAU, Député des Landes François BAYROU, Député des Pyrénées-Atlantiques David HABIB, Député des Pyrénées-Atlantiques Jean LASSALLE, Député des Pyrénées-Atlantiques Jean GRENET, Député des Pyrénées-Atlantiques Daniel POULOU, Député des Pyrénées-Atlantiques Didier BOROTRA, Sénateur des Pyrénées-Atlantiques Auguste CAZALET, Sénateur des Pyrénées-Atlantiques Annie JARRAUD-VERGNOLLE, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques

27 mars 2008

Le calme avant la tempète ?

Comme vous l'avez remarqué, les nouvelles du projet sont peu nombreuses en ce moment. Les élections sont terminées, les équipes se remettent au travail ou découvrent leurs nouvelles fonctions et les déclarations au sujet du projet ne sont plus. Du moins pour le moment.

En fait, d'autre projets font l'actualité et quelques articles sont récemment parus ici ou là au sujet de l'A65 (Langon-Pau) où l'on sent la pression monter dans ces temps d'après grenelle de l'environnement :
- le Conseil National de Protection de la Nature a réaffirmé au Ministère (désormais MEEDDAT) son oppostion à ce projet très destructeur (notamment au droit de nombreuses espèces protégées, dont certaines communes au CAB),
- les usagers de la future autoroute commencent à déchanter sérieusement au vu des tarifs annoncés par le concessionnaire Aliénor : autour de 15€ pour les VL et 60€ pour les PL pour 150 km et un gain de temps de 45 minutes. Pour mémoire, le CAB est annoncé (pour l'instant !) dans les mêmes tarifs pour 100 km pour un gain théorique de 20 à 25 minutes ... Je dis pour l'instant car le tarif de l'A65 est à mettre en relation avec son coût de 1 milliards d'euro : vous l'avez remarqué, le CAB part sur environ le double, et finira évidemment bien au-delà !
On retiendra au final cette phrase d'un professionnel des transports : « Je dis aux conducteurs de n'utiliser l'autoroute que si on leur interdit d'emprunter les routes départementales. 60 euros de péage pour descendre à Pau, cela sera bien trop cher. Déjà qu'on paye en moyenne 40 euros pour aller à Toulouse ! » ...
Pour se documenter sur l'A65, le site de l'ARLP.

Un publication de la très pro-contournement CRCI nous a d'ailleurs récemment rappelé un sondage disant que près de 80% des professionnels considèrent que les infrastructures payantes sont un problème "très important" ou "important" au niveau de leurs coûts et ce pour toutes les autoroutes existantes sur la Région ! Et la CRCI de conclure que le CAB est plébiscité par les professionnels. En gros, oui au contournement, mais pas d'accord pour payer ! Le contribuable appréciera la nuance !

Enfin, je dois relater des bruits persistants en provenance du Conseil Général sur un retour du dossier par son Président Philippe Madrelle (vous vous rappelez, celui qui n'était "pas chagrin" de la mise en retrait du projet au profit du rail ...) et qui serait en train de concocter une nouvelle "concertation" sur le sujet ... On l'attend de pied ferme !

05 mars 2008

CAB : Pour Alain Juppé , "il faut changer de vision"

Interrogé par une internaute le 05 mars lors d'un échange organisé par le journal Metro, Alain Juppé réaffirme son opposition au projet de contournement autoroutier. Voici ses dires exacts.

Carine : Vous avez déclaré à « Sud Ouest » que vous préféreriez un grand contournement ferroviaire de la ville à un grand contournement autoroutier ... Cela veut t'il effectivement dire que le projet d'autoroute à péage au dessus de Bordeaux n'est plus d'actualité ?
Alain Juppé : Je pense effectivement que ce projet n'est plus d'actualité. Il faut, en effet, changer de vision. On ne peut plus se résigner à la croissance continue du nombre de camions sur nos routes. Les exigences du développement durable nous l'interdisent. Il faut donc tout faire pour transférer une partie de plus en plus importante du trafic de marchandises sur le rail ou sur la voie maritime. Le grenelle de l'environnement a annoncé la création d'une autoroute ferroviaire nord-sud sur la façade atlantique, d'où l'idée du grand contournement ferroviaire de Bordeaux pour éviter que tous les trains de fret ne passent par la gare Saint Jean. C'est un projet coûteux et difficile, mais c'est cela, selon moi, qu'il faut mettre à l'ordre du jour.


(voir l'intégralité de la session)

Il nous tarde cependant tous d'entendre de tels propos dans la bouche d'Alain Rousset ! Mais avez-vous lu l'article précédent sur ce dernier ? ...)

Le Président de la CRCI en remet une couche.

Jean-Marie Berckmans, Président de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie (déjà évoqué dans un précédent article), s'exprime sur les infrastructures en Aquitaine - et sur le CAB en particulier - dans le Journal des Echos Judiciaires Girondins du 26/02. Je vous le mets en intrégralité ci-dessous.
Commentaire en fin d'article.

Le président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie s’inquiète à propos des grands dossiers d’aménagement du territoire en Aquitaine. Ligne à grande vitesse vers l’Espagne, contournement autoroutier de Bordeaux, A65 et RN21, ces liaisons vitales pour le développement économique de la région ne sont pas encore réalisées. Il y a urgence.
«Pour tous les pays entrant dans l’Union européenne, la difficulté c’est l’infrastructure. » Jean-Marie Berckmans ne compare pas l’Aquitaine à la Roumanie, mais son analyse n’en est pas moins un cri d’alarme. « Si on ne relie pas les principales villes à Bordeaux rapidement, dit-il, les conséquences seront néfastes pour notre économie. » Ce message, le président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie (Crci) le répète depuis cinq ans qu’il est à la tête de cet établissement public. Sans avoir l’impression d’être bien entendu, ou écouté. Pourtant, «nous sommes élus par les entreprises -je vous rappelle qu’il y en a 110 000 en Aquitaine- et nous nous exprimons avec du bon sens.
Un entrepreneur qui crée sa société va se soucier de savoir si sa démarche est cohérente avec son territoire, en termes d’accessibilité, de moyens de communication. »
Or, selon une étude menée par la CRCI Aquitaine fin 2007, près d’un chef d’entreprise sur deux estime que les conditions de transport se sont dégradées. « Le patron a une vision particulière du problème : il a des contraintes, des besoins. Par exemple aujourd’hui, quand vous avez une activité professionnelle, vous mettez une heure pour traverser Bordeaux. C’est insupportable. Il y a une véritable inquiétude des entreprises. »

De nouvelles voies pour le fret
Le problème concerne en fait toute la région. « Si l’on trace un trait de Séville à Amsterdam, poursuit Jean-Marie Berckmans, il passe par le Pays Basque, par Bordeaux, Paris… Donc les deux tiers Ouest de la péninsule ibérique passent par l’Ouest des Pyrénées. C’est normal, c’est le plus court. Mais cela signifie un afflux énorme de camions. Or demain, la circulation ira jusqu’en Afrique. »
Les projections de la Chambre laissent songeur : le chiffre de 8 000 poids lourds par jour sur l’A63 actuellement pourrait monter à 15 000 en 2025.
Face à ces inquiétudes, un projet comme la ligne ferroviaire à grande vitesse de Paris au centre de l’Espagne permettrait de dégager la voie ferrée traditionnelle pour le fret.
Mais il ne faut pas se faire d’illusion quant à l’efficacité du report modal , ferroviaire, maritime ou fluvial. Il n’empêchera pas la croissance du trafic sur route.

Un contournement inévitable ?
« Il faut élargir l’axe Nord-Sud à deux fois trois voies. Mais cela ne sert à rien si on reste coincé sur la rocade bordelaise. » D’où la nécessité, pour le président de la CRCI, d’un contournement de Bordeaux de type autoroutier. En cas de non-réalisation de ce chantier, le trafic moyen journalier sur la rocade passerait de 104 000 à 125 000 véhicules en 2020, engendrant des heures supplémentaires d’embouteillages, sans compter les accidents ou les émissions de CO2 en hausse. A côté de ces liaisons de transit, Jean-Marie Berckmans met aussi l’accent sur les connexions à faire dans l’intérieur des terres. « La RN21 qui va de Limoges à Tarbes en passant par Périgueux, Bergerac, Villeneuve-sur-Lot, Agen, Auch, est loin d’être à deux fois deux voies. » Au rythme des contrats de projet de plan Etat-Région, selon la CRCI, le délai serait d’ailleurs de 90 ans pour y arriver.
Surtout, « Pau n’est pas correctement relié à Bordeaux. Du coup, les Palois et tout le Béarn se tournent vers Toulouse. Ce n’est pas bon pour l’Aquitaine… A moins qu’un jour on ne fasse une grande euro-région de part et d’autre de la frontière. »
Mais avant de rêver, il faut agir et réaliser ces chantiers.
Tous sans exception et le plus rapidement possible, c’est en tout cas l’avis de Jean-Marie Berckmans. Encore faut-il que les financements correspondent aux enjeux. Pour la Chambre, les collectivités territoriales doivent prendre leurs responsabilités, et l’Etat également, surtout après le Grenelle de l’environnement.
Dans cette perspective, le président de la CRCI Aquitaine regrette les tergiversations, notamment à propos du contournement de Bordeaux.
« Les politiques n’ont pas le courage qu’on souhaite, constate-t-il avant de mesurer sa critique. On est en pleine période d’élections, et on ne veut pas mettre le bazar. Mais on espère la sagesse. » Vincent TRIDON pour les
Echos Judiciaires Girondins


Remarques et analyse.
Au final, le ton est moins hystérique que Courbu (ça nous repose), mais sur le fond le discours est constant. A quelques remarques près:
1- il parle de contournement sans évoquer un choix de passsage à l'ouest ou à l'est.
2- les chiffres varient selon les sources : pour 2005-2006 la CRCI chiffre à 8000PL/j, la préfecture 12500 et lke CERTA entre 4200 et 17000 à l'est de la rocade selon les sorties (contre 4700 à 4900 à l'ouest...). Imaginez alors la fiabilité des projections !
3- la question cruciale du financement est enfin abordée, ce qui est assez rare ... et on sent que cela pose problème (sans blague !)
4- la précision de concession n'est pas donnée : PL et VL devront payer pour emprunter ce CAB (autour de 50-60€ pour les PL et 10-15€ pour les VL sauf participation des contribuables). Les entrepreneurs dont se réclamme l'élu de la CRCI sont-ils réellement d'accord avec lui ? On peut en douter !
5- le grenelle n'est abordé que sous l'angle des bouchons et non des flux de transit PL, ce qui dénote une vision peu globale du problème du transport routier.
6- enfin, vous remarquerez que l'association develop'so (cf article) marque des points et la RN21 entre dans les préoccupations des CCI.

A suivre !

22 février 2008

Henry Emmanuelli nous en apprend de belles sur le contournement de Bordeaux !

Vous l'avez peut-être lu, Henry Emmanuelli, président PS du Conseil Général des Landes, a été interviewé par Sud-Ouest (17/02) dans le cadre d'un article sur les autoroutes et le prix des péages ... et ses déclarations ont de quoi surprendre.

A propos de la N10 (qui va devenir A63 sur toute sa longueur), le pendant landais de Philippe Madrelle déclare : "C'est un peu compliqué, le concessionnaire de l'A63 sera aussi celui qui aura en charge le grand contournement de Bordeaux. Cela marche ensemble" !
Vous aprécierez le "sera" et l'absence de conditionnel dans la formulation !

... mais n'a-t-on pas entendu récemment M. Juppé prôner l'abandon du projet ? M. Madrelle et M. Rousset n'ont-il pas déclaré que le projet de contournement autoroutier n'était plus d'actualité ? Peut être que M. Emmanuelli sait des choses qu'il ne faut pas dire à haute voix en Gironde ?
Comme le dit sans même s'en cacher Alain Rousset (voir articles précédents), le projet va revenir après les élections ... mais plus vite qu'on ne l'imagine. Soyez prêts à repartir en masse dans les rues ! Il faudra alors réagir au quart de tour.

La logique CAB-A63 est connue : si la concession du CAB s'enchaîne parfaitement avec celle de l'A63, il n'y aura pas besoin de péage à l'entrée du contournement. En effet, conscient que personne ne voudra payer pour emprunter le CAB, les promotteurs ont trouvé une parade : on fait payer les camions dès l'A63 des Landes et cela finance le manque à gagner inévitable au niveau du contournement ... En gros, je tape fort sur le trajet landais pour éponger les pertes d'un contournement peu emprunté par les camions.

Mais problème : le projet de CAB est toujours coincé dans les couloirs de la Cour Administrative d'Appel ! Tout est donc pour l'instant bloqué. Mais peut être que M. Emmanuelli a encore d'autres choses à nous apprendre ?

11 février 2008

Contournement : Alain Rousset atteint le sommet du cynisme lors de la présentation de son programme à la CCI

Remarquable performance du candidat Rousset lors de la présentation du volet économique de son programme de campagne à un parre-terre d'entrepreneurs réuni dans un des hauts-lieux des cercles pro-contournement, à savoir la CCI de Bordeaux. Le but était de mettre en avant la priorité qu'il compte mettre à l'économie ... "et aux infrastructures".

A cette occasion, et en deux phrases seulement, M. Rousset s'est autopropulsé au firmament du cynisme politique !

Jugez par vous-même : repris par Sud-Ouest dans son édition de ce samedi, le candidat (parlant de lui-même à la troisième personne) rappelle que "le soldat Rousset [authentique !] s'est retrouvé tout seul pour soutenir le grand contournement alors que Madrelle et Juppé ont fait machine arrière" et, justifiant sa propre rétractation (et toujours parlant à la troisième perosonne), "c'est parce qu'il n'est pas candidat au suicide personnel" !!

HALLUCINATION TOTALE !
En gros il dit qu'il s'est rétracté uniquement pour ne pas se plomber pour les élections tout en pensant qu'il est bon de rappeler à des entrepreneurs et à la CCI qu'il a toujours soutenu le projet !! "Je ne suis plus pour le projet mais ne vous inquiétez pas, je n'en pense pas un mot" aurait été plus clair !!!
A ce niveau, ça frise l'indécence et le terme de "foutage de g...." est ici complètement approprié ! Il faut lui dire qu'il arrête ! Sur ce dossier, c'est une honte ! (le reste du programme restant hors sujet de ce blog, je le rappelle)

Un accord PS-Vert intégrant le contournement ? Mais où sont-ils ici !? Il est tout à fait légitime que M. Hurmic parle du programme écologique du candidat Juppé, mais ce serait quand même bien qu'il regarde de plus près celui de son colistier ...

07 février 2008

Pour l'association dévelop'SO, le contournement ouest de bordeaux est remis en cause par les flux qu'il est sensé capter

Je vous reproduis ci-dessous l'analyse que l'association DEVELOP'SO nous a envoyée il y a peu. Ses thèses sont connues et certaines méritent d'être évoquées.
A savoir cependant, cette association milite pour un meilleur équipement en infrastructures dans l'Est de la Région et réclame un projet structurant "par l'intérieur de l'Aquitaine", et ce pour favoriser le developpement économique.
Site : http://www.devlopso.fr

DEVLOP'SO : UN PEU DE PROSPECTIVE ROUTIERE.

Imaginons l’autoroute Pau-Langon (A65) mise en service et le Grand contournement de Bordeaux réalisé ; mais rien entre Langon et l’A89.Comment s’organiserait le trafic entre l’Espagne Centre-Ouest, le Nord-Est et l’Est de l’Europe ?

D’Espagne, la tentation serait grande de prendre le Somport pour rejoindre l’A65, dans le but d’atteindre au plus vite l’A89.D’où la nécessité d’aménager la N 134 du Somport à Oloron-Sainte-Marie.
Une fois parvenus à Langon , les usagers vont-ils repiquer au Nord-Ouest vers la rocade Est de Bordeaux de nouveau enlisée par le trafic s’il font tous ce choix ou vont-ils tenter à tout prix de rejoindre l’A89 à Mussidan ou Périgueux ? Poser la question, c’est y répondre.
Ainsi, comme les chemins de montagne, apparaîtraient des tracés surchargés imposés par la l’usage et la géographie :Langon-Mussidan / Langon-Périgueux par Bergerac / Mont-de-Marsan - Casteljaloux - Marmande (oh ! le Bouchon !) / Bergerac –Périgueux.
Il n’est pas impossible non plus que les plus gros poids-lourds, interdits de passage dans certaines agglomérations, choisissent, une fois à Langon, d’emprunter l’A62 jusqu’à Marmande pour remonter ensuite sur Périgueux. On imagine sans peine .la saturation de l’axe Marmande-Périgueux (mais ils ne passeraient plus à Bordeaux et le beau contournement verrait des clients partir).

En sens inverse, bien entendu, quitter l’A89 à Périgueux ou Mussidan pour descendre sur Langon serait tentant. D’où la nécessité d’établir une connexion entre Langon et une N21 modernisée.

Sans parler de nos chers touristes Est - Français et Est - Européens qui continueront à connaître les joies de la rocade bordelaise pour aller planter leur tente sur le littoral.
D’autre part, il y aura toujours un trafic issu de l’Ouest Ibérique qui, après le passage de la frontière à Béhobie, se dirigera vers PAU pour accéder à l’A65 afin de parvenir plus directement à l’A89. Bref, le fameux grand contournement perdrait encore de sa clientèle.

Soyons même illogiques et admettons que le trafic en direction ou en provenance du quart Nord-Est de l’Europe choisisse quand même de passer par Bordeaux. Empruntera-t-il la contournement Ouest ? Non, il prendra la rocade Est pour atteindre l’autoroute souhaitée. .. encore des clients perdus pour le grand contournement et une saturation de la rocade.

En fait, le fameux grand contournement ne demeurerait utile que pour le transit au droit de Bordeaux, qui trouverait, à l’évidence, dans le merroutage (Nantes-Bilbao), et/ou le ferroutage, des réponses plus appropriées.

CONCLUSION : la double existence de l’autoroute PAU-LANGON et de l ’A 89 remet radicalement en cause l’utilité d’un coûteux contournement rapproché de Bordeaux tandis que le projet de DEVLOP’SO, ajouté aux solutions inter-modales, le transforme en hérésie.

28 janvier 2008

Réponse d'Alain Juppé aux représentants des entreprises.

Anticipant les lamentables lamentations de l'inégalable Laurent Courbu (article précédent), Alain Juppé déclare en suivant aux journalistes de Sud-ouest qui suivent sa campagne : « J'entends la complainte des patrons sur les infrastructures mais nous changeons d'époque ».
Au moins, en voilà un qui ne pourra pas revenir sur ses déclarations.

27 janvier 2008

Courbu bombe le torse.

Comme attendu, l'inénarrable Laurent Courbu en a remis une couche au sujet des infrastructures autoroutières dans la Région et ce par la voix du président de la chambre de commerce et d'industrie d'Aquitaine (CRCI), monsieur jean-marie Berckmans.

Intérviewé dans Sud-Ouest, l'inéfable Courbu remarquait qu'il y avait "une baisse de la volonté politique quand l'échéance électorale se rapproche" et qu'il restait urgent, sous peine de perte de "dizaines de milliers d'emplois" (rien que ça !) de réaliser les LGV Tour-Bordeaux, Bordeaux Toulouse et Bordeaux-Espagne, l'autoroute Langon-Pau, le CAB et la mise à 2x3 de la rocade et l'éargissement de l'autoroute Bordeaux-Bayonne en bloc et sans exception assurant que "tout est lié". Parlant tout particulièrement du CAB, et après avoir été désavoué par Alain Juppé qui confirme qu'il faut abandonner le tout routier et renoncer au CAB (voir article précédent), le président de la CCI assure qu'"il se fera" mais que l'on "prend du retard" ...
du retard d'un train ?

24 janvier 2008

Sondages à l'attention des candidats.

Plusieurs récents sondages confirment ce que nous avons tous plus ou moins remarqué ces derniers temps : la montée des thèmes environnementaux dans les préoccupations des citoyens, et ce à tous les niveaux d'élections.

Selon un sondage Ipsos de novembre 2007 pour la Gazette des communes, l’environnement et le développement durable sont placés en tête de la hiérarchie des thèmes déterminants pour les Français : ils sont 31% à citer ce thème, devant les écoles et les crèches (30%), et l’action en faveur des personnes âgées (29%). D’après une autre enquête du même institut pour le Courrier des maires, également réalisée en novembre dernier, 44% des maires mentionnent l’environnement et le cadre de vie comme des thèmes qui seront davantage abordés en 2008 que lors de la campagne de 2001, loin devant la gestion de l’augmentation de la population (33%).

Parlant des grands succès médiatiques de l'année 2007 qu'ont été le film d'Al Gore, le Pacte de Nicolas Hulot, les travaux du GIEC etc, le directeur de recherches au centre de recherches politiques de Science-Po (Cevipof) confirme que «les exigences qui sont portées à l’échelle nationale devraient faire bouger les choses à l’échelle locale». Et le directeur adjoint de CSA opinion de rejouter «l’environnement, dans le sens de la qualité de vie, est un enjeu prégnant dans les villes, surtout dans les plus grandes où les maires ont la capacité, la possibilité, et même le devoir d’agir».

MM Rousset (municipales) et Madrelle (cantonales) ont-ils lu ces sondages ? Visiblement non !

Tiré en partie du JDLE. Pour l'intégralité des sondages voir : ipsos 1 troisième point du sondage et Ipsos 2 quatrième point.

23 janvier 2008

Alain Juppé redit son opposition à un contournement autoroutier de Bordeaux.

A la différence d'Alain Rousset (voir article précédent sur ses positions plus que troubles sur la question du contournement et sur l'accord passé à ce sujet avec Les Verts), Alain Juppé réaffirme son intention d'abandonner le développement du fret routier et, en toute logique, de renoncer définitivement au projet de CAB, et ce malgré la pression de ses co-listiers chefs d'entreprise (le travail du fourbe Courbu finit malgré tout par porter quelques fruits, on dit d'ailleurs qu'il va en remettre une couche demain jeudi au CRCI).
Lors de l'énoncé des proposition des différents groupes de travail de son équipe, le projet de CAB a été avancé par l'un d'entre eux : refus catégorique de l'actuel Maire qui persiste et signe.

Le journal Sud-Ouest l'a évoqué dans son édition bordelaise du 23/01 avec le sous-titre suivant "Les groupes de travail du candidat ont rendu hier soir leurs propositions. Le maire a notamment redit son opposition au grand contournement "

On parle du CAB et c'est tant mieux !

Sous la houlette de Jean Charles Palau, son colistier, un chef d'entreprise de 40 ans, le groupe de travail « Bordeaux dynamique » a remis hier ses propositions. Alain Juppé en connaissait déjà quelques-unes.
La cinquantaine de participants au groupe de travail s'est retrouvée majoritairement pour demander que soit réalisé le grand contournement routier de Bordeaux. Alain Juppé ne reprendra pas cette proposition. Il a rappelé hier que les récentes décisions du Grenelle de l'environnement imposaient aujourd'hui de dire « stop au fret routier ».
Le candidat maire est aujourd'hui lui aussi adepte du contournement ferroviaire. Il appelle de ses v?ux la tenue du calendrier sur le TGV Tours Bordeaux et le bouclage de la rocade bordelaise à deux fois 3 voies

21 janvier 2008

Alain Rousset ne souhaite pas que l'on parle du CAB durant la campagne !

Double esquive du sujet de CAB par Alain Rousset lors de l'émission "l'invité" d'Alain Pagès sur France Bleue Gironde ce lundi 21 janvier. Par deux fois le journaliste tente d'aborder l'avenir du projet suite aux "allers-retours" des grands élus sur l'avenir du projet, et par deux fois Alain Rousset élude la question.

Compte tenu de ses "réponses", on commence à y voir plus clair dans sa stratégie pour les municipales sur le thème du contournement (je le rappelle : ce blog n'épinglera les candidats que sur la question du CAB et sur aucun autre thème) mais aussi sur l'avenir du projet dans son esprit. Et ce n'est pas totalement rassurant.
Alain Pagès : "on en reparlera pas du contournement après le 16 mars ?" [soit après les municiaples, NDLR]
Alain Rousset : "je pense qu'on en parlera pas tout de suite [!!!!]. Il faut qu'on avance sur le contournement ferroviaire" [la classique]
AP. "Si on veut calmer et séduire les électeurs Verts, il vaut mieux laisser le grand contournement ..."
AR. "Pourquoi, sur un débat municipal, voulez-vous absolument tout politiser, vous les journalistes ? Quand on interroge la population, elle ne souhaite pas qu'on aille chercher, fabriquer, créer des bisbilles." "je n'ai jamais été dans une stratégie de rechercher les oppositions"
... puis, en bon politicien ("qui ne souhaite pas faire de la politique") qu'il est, il critique "le mirage du Grenelle" et dévie le débat sur un autre terrain. Fin de la séance.
(lien sur le site FBG, passage sur le CAB à 19min35 du fichier Real Player accessible à l'écoute).

Au final, il n'exclut pas qu'on en reparle après les élections ! ... et qu'aujourd'hui c'est un sujet qui n'est pas sensé intéresser les électeurs !
Ben voyons ! c'est sûr que s'il fait référence à son blog ... (voir article précédent). Et Je vous passe le qualificatif de "bisbille" pour la construction éventuelle du 2e pont le plus grand d'Europe en pleine zone natura2000 pour favoriser le trafic poids lourds en plein réchauffement climatique !
C'est surtout de l'esquive fine comme du gros sel : alain Juppé me devance sur ce dossier, je n'en parlerai donc pas au motif que c'est de la politisation ! On croit rêver. C'est plutôt un dossier vertement sensible !!

Point positif quand même : le sujet a été évoqué et c'est une très bonne chose. A nous de contribuer à ce que cela continue. Les municipales/cantonales commencent à peine !

19 janvier 2008

Alain Rousset censure toutes les questions des anti-contournement déposées sur son blog !

Les anti-contournement ont souvent fait le triste constat de la censure qui règne sur les blogs des candidats aux élections, mais celui d'Alain Rousset semble en passe de décrocher la palme.

Fort des positions du candidat Juppé (voir article précédent) sur le contournement, je me suis mis (avec pas mal d'autres ...) à poser les questions qui fâchent à son principal adversaire. Voici donc ma question :

M. Rousset,
J'ai appris avec bonheur que M. Juppé avait fait inscrire noir sur blanc dans son programme l'abandon définitif de l'inutile et nuisible projet de contournement autoroutier de Bordeaux.
Je voulais savoir si vous et votre équipe comptiez faire clairement et explicitement référence à l'abandon de tout projet similaire dans l'avenir et en faire un programme de campagne audible à l'instar de votre adversaire politique.
Dans l'éventualité d'une démarche en ce sens, je vous serai reconnaissant de bien vouloir l'énoncer de la manière la moins équivoque possible pour qu'aucun doute ne s'immisce dans l'esprit des toujours plus nombreux opposants à ce projet d'un autre âge.
Les "incontournables" connaissent et apprécient vos positions sur le ferroutage, cependant il nous semble que l'abandon du projet de contournement autoroutier mérite d'être un thème central de la campagne électorale qui s'annonce.

Bon courage en tout cas pour la suite !
Respectueuses salutations
thomas lugagne

Devant le silence le plus total du candidat, j'en ai alors posté d'autres. Puis d'autres membres de collectifs ont fait de même ... alors que, pendant ce temps, d'autres messages étaient quant à eux mis en ligne !

Vous l'aurez compris : ce sujet ne doit pas être évoqué ... même si, en page de présentantion du blog et durant plus de vingt lignes, M. Rousset présente lui-même son blog comme un "espace d'expression" permettant de faire réellement de la "politique autrement" et laisser les citoyens "exprimer [leurs] convictions" ! C'est en fait tout le contraire et seuls les messages de soutien et de sympathie sont mis en ligne ...

J'ai alors écrit à ses co-listiers Verts pour signaler le problème de crédibilité du candidat sur ce dossier malgré l'accord PS-Verts passé pour les Municipales. Tous m'ont répondu (notamment la direction des Verts Aquitaine et M. G. Chausset vice-président de la CUB) ... un peu embarrassés quand même, en me joignant les termes de l'accord passé. Concernant le contournement, "Les Verts et le Parti Socialiste prennent acte du fait que le projet de grand contournement de Bordeaux n’est plus d’actualité, et agiront en faveur d’un contournement ferroviaire" (visible ici, juste avant le point 1.3).

Je résume :
- d'un côté nous avons Alain Juppé qui met noir sur blanc dans son programme qu'il faut "renoncer au projet de CAB"
- d'un autre Alain Rousset qui, par la censure sur son blog, ne souhaite pas répondre aux questions sur sa position exacte sur la CAB et qui "prend acte" que le projet "n'est plus d'actualité". Le redeviendra-t-il après les élections ? Un CAB "plus d'actualité" n'est qu'un CAB en sommeil ...

C'est maintenant que M. Rousset doit exprimer le fond de sa pensée, pas après le mois de mars. Qu'il le fasse clairement, sans se cacher derrière un blog qui n'a de "lieu d'expression" que le nom.

Pour information, il passe sur FBG lundi 21/01 à 07h45 pour "prendre son petit déjeuner avec les auditeurs": posez lui la question !

15 janvier 2008

Le programme d'Alain Juppé pour les Municipales contient l'abandon du contournement autoroutier de Bordeaux !

Information totalement exclusive : le programme de la liste conduite par Alain Juppé pour les municipales actuellement en cours d'impression contient la référence explicite à l'abandon du projet de CAB ! L'ex-super-ministre de l'écologie et du développement durable fait donc de l'abandon définitif un des ses chevaux de bataille et on ne pouvait pas espérer mieux : en cas de victoire, cette déclaration l'engage sur la durée et on ne peux imaginer un retournement ultérieur.

Qu'en est-il de son challenger Alain Rousset, allié aux Verts , et un temps grand promoteur du projet ? Que fera-t-il en cas de victoire ? On nous dit que les socialistes girondins auraient eux aussi abandonné toute idée de contournement autoroutier (voir article précédent) ... mais iront-ils jusqu'à l'écrire noir sur blanc dans leur programme ?

Je vous rappelle qu'Alain Rousset n'a, à ma connaissance, jamais dit sans ambigüité "il faut abandonner ce projet de CAB" (voir article de novembre) et, si on lit entre les lignes des communiqués de son collègue Ph. Madrelle, président du Conseil Général (rappel : les cantonales sont également en mars ...), rien ne nous rassure réellement !

Je vous engage donc à contacter la section socialiste la plus proche de chez vous et de leur mettre une pression monstre !! Si leur candidat emboite le pas d'Alain Juppé, alors nous pourrons être plus sereins ... et moins pénibles à leur égard durant la campagne !

14 janvier 2008

Pour Pierre Hurmic, "les socialiste girondins ont renoncé au grand contournement".

Dans une interview du journal SO du 14/01/08, Pierre Hurmic, co-listier d'Alain Rousset pour les municipales et caution écologique de ce dernier, évoque le projet de contournement autoroutier comme étant abandonné par les socialistes girondins.
Extrait.

[...]
SO. Vous devenez la caution écolo d'Alain Rousset lequel n'avait juste là pas fait de l'environnement son cheval de bataille. Alain Juppé a un train d'avance sur la question, non ?
PH. La conversion récente d'Alain Juppé en matière d'écologie n'a d'égal que le retard pris par Bordeaux. Ainsi, la ville n'a toujours pas d'Agenda 21, alors que la plupart des grandes villes françaises en sont dotées depuis longtemps. Sa charte d'écologie a 20 ans de retard. Et puis, Juppé a une vision très environnementaliste de l'écologie. Or, le développement durable englobe, l'environnement, mais aussi le social, la culture. Bordeaux n'a rien inventé !

SO. En cas de victoire des socialistes, que vous a promis Alain Rousset ?
PH. Rien. Sinon qu'il nous assure une place privilégiée dans la majorité. Moi ? Peut-être adjoint à l'écologie. Nous avons déjà réussi à faire en sorte que les socialistes girondins renoncent au projet de grand contournement. Une révolution culturelle !

Même si les promesses n'engagent que ceux qui les croient, c'est toujours positif. Quant à savoir ce qui se passera après les élections ...

07 janvier 2008

Jean-Louis Borloo parle du contournement de Bordeaux ...

Dans le cadre d'une rencontre organisée par le journal Sud-Ouest, le Ministre de l'écologie et du développement durable a été interrogé (entre autre) sur les projets d'infrastructures et a évoqué le contournement de Bordeaux en exemple.

A la question "Il y a un projet d'autoroute, l'A 831, qui pourrait beaucoup nous soulager, en Charente-Maritime. Que va-t-il advenir après le Grenelle ?" le Ministre, repris par Sud-Ouest dans son édition du 07/01, répond :
"Il ne faut pas se tromper sur ce qu'est le Grenelle. Il ne s'agit pas d'interdire ou de ne plus rien faire ! C'est un changement de stratégie et de méthode. De stratégie, en donnant aujourd'hui la priorité au développement ferroviaire et aux transports publics ; un changement de méthode : les enquêtes publiques sur les infrastructures doivent avoir un bilan écologique. On ne va pas tout arrêter en France. Simplement, il n'y aura plus d'infrastructures nouvelles construites sans un bilan écologique partagé par l'ensemble des acteurs. On met en place une méthode ; on ne va pas y déroger. Parfois, le fait qu'il y ait du retard dans les projets peut avoir du bon. Regardez le contournement de Bordeaux : il semble que réfléchir sur du ferroviaire ne soit pas complètement absurde. Quand les choses ne se font pas, c'est peut-être qu'il y a des raisons ! "

Cette intervention est très encourageante en observant deux points :
  • 1) même si le ministre était face à des aquitains, il a parlé du projet alors que personne ne lui avait rien demandé : notre travail à tous a payé, le CAB est un sujet abordé au plus haut point et qui est pris en exemplarité après un grenelle de l'environnement, et ce devant les autres projet titanesque dans la Région (l'A65, l'élargissement de l'A63, la mise aux norme de la N10, le Port méthanier notamment). Deviendrait-il un exemple national ?
  • 2) il parle du projet en exemple des "choses [qui] ne se font pas" pour "des raisons" ... sous-entendu de bonnes raisons. On peut donc lire entre les lignes et peut-être y voir un avant-goût des projets recalés par le Comité Interministériel (CIAT) en préparation ?
En tout cas, vous l'avez lu comme moi, les bonnes raisons, c'est également nous ! Ce qui doit nous inciter à poursuivre nos actions, les envois de courriers, de mails, etc.

L'intervention réaffirme également l'intention de réaliser des bilans "écologiques" (carbone ?) sur chaque projet d'envergure. Le CAB étant une catastrophe à ce niveau, c'est plutôt positif. Attention cependant, vous avez tous remarqué que le bilan devra être "partagé par tous les acteurs", ce qui peut être encore l'occasion de pseudo-consultations destinées à produire un accord de façade (de type ... SRIT ?) ...
Enfin, l'intervention confirme la mis en oeuvre du fret ferroviaire (voir articles précédents) ce qui est une très bonne chose pour tout le monde.

On notera qu'à la question directe "quelle est votre position sur le contournement de bordeaux [...] ?", le Ministre a botté en touche avec un beau "Je n'ai pas à me pointer pour dire que je trouve ça bien ou pas " suivi d'un superbe "Tout ne peut plus reposer sur le caprice d'un ministre ". Du bel ouvrage.

Dans ces entretiens, il a notamment abordé la question de l'envolée des prix du pétrole en ces termes :
" l'idée que l'on vivra éternellement avec des énergies fossiles et que c'est sans conséquence pour la planète est une idée folle. Il faut donc prendre cette hausse du pétrole comme une rude donnée et le signal qui nous impose d'accélérer nos mutations. De fait, le réchauffement climatique, problème majeur aujourd'hui, s'accompagne de la raréfaction des énergies fossiles ! Sans cette raréfaction, les démocraties n'auraient sans doute pas les ressources mentales pour opérer les mutations indispensables."
quand on sait que certains prévoient le baril à 380 dollars à moyen terme, le signal risque d'être effectivement fort !